Soignante épanouie : Comment j’ai retrouvé vitalité et joie au quotidien !

Témoignage de Sophie, infirmière libérale

Je m’appelle Sophie, je suis infirmière libérale depuis plus de dix ans, et j’aimerais partager avec vous mon expérience de neuf mois de suivi thérapeutique avec Anne-Laure Pegon thérapeute psychocorporelle. Ce suivi a changé ma vie. J’ai longtemps cru que je pouvais tout gérer : les soins, les patients, les horaires à rallonge, et les émotions des autres. Pourtant, au fil du temps, je me suis sentie épuisée, dépassée, à bout de souffle. C’est à ce moment-là que j’ai compris que j’avais besoin d’aide, et j’ai décidé de commencer une thérapie.

Un accueil sans jugement et une écoute empathique.

Dès le début du processus, ce qui m’a marquée, c’est la bienveillance de ma thérapeute. Pour la première fois depuis longtemps, je me suis sentie écoutée sans être jugée. Dans le cadre de nos séances, elle m’a proposé des temps d’écoute empathique où je pouvais parler librement de mon histoire, de mes difficultés, et de mes émotions. Cela m’a permis de me reconnecter à ce que je ressentais vraiment, au lieu de tout enfouir comme je l’avais appris à le faire dans ma pratique professionnelle.

Les premiers temps, je réalisais à quel point j’étais fatiguée, tant physiquement qu’émotionnellement. Je me rendais compte que j’étais surinvestie dans mon travail, au point de sacrifier ma propre santé mentale. Cet espace de parole et d’accueil sans jugement m’a donné la liberté de m’exprimer et de libérer le poids que je portais sur mes épaules, sur mon dos, depuis des années.

Apprendre à poser des limites et respecter mes besoins.

Un des points centraux de ce travail thérapeutique a été d’apprendre à poser des limites. En tant qu’infirmière libérale, j’étais sans cesse sollicitée par mes patients, et je ne savais pas dire non. Je finissais souvent par faire des heures supplémentaires, accumulant la fatigue et l’irritabilité. Avec le soutien de ma thérapeute, j’ai appris à me respecter davantage.

Petit à petit, j’ai commencé à refuser les heures supplémentaires qui n’étaient pas absolument nécessaires. J’ai aussi réduit mon investissement émotionnel auprès de mes patients. Cela ne signifiait pas que je m’en fichais ou que j’étais devenue insensible, mais j’ai compris que m’investir à 100 % dans chaque situation ne me laissait plus d’énergie pour moi-même. Il était essentiel de trouver un équilibre pour continuer à exercer mon métier dans la durée, sans m’épuiser.

Écouter les signaux de mon corps et instaurer des routines bien-être.

Une autre partie importante de ce cheminement a été d’apprendre à écouter les signaux de mon corps. J’ai réalisé que, pendant des années, j’avais ignoré les petites alertes que mon corps me lançait : les ballonements, les insomnies, la fatigue chronique. Ce que je percevais autrefois comme des « inconvénients du métier » étaient en réalité des appels à ralentir, à prendre soin de moi.

Avec le temps, j’ai mis en place des routines bien-être. Chaque jour, je m’accorde des moments pour respirer, pour méditer ou simplement pour me détendre sans penser au travail.

J’ai commencé à gouter au plaisir de danser, ce que je ne m’étais pas autorisée depuis longtemps. Ces routines sont devenues essentielles pour maintenir mon équilibre et me ressourcer après des journées ou des semaines parfois intenses.

Comprendre mes motivations profondes : un écho à mon histoire familiale.

Au fil des séances, j’ai également pu éclaircir un point qui me restait jusque-là inconscient. Pourquoi avais-je choisi de devenir infirmière ? Bien sûr, il y a toujours eu en moi cette envie d’aider, de soigner, de prendre soin des autres. Mais ce travail thérapeutique a révélé que cette vocation faisait écho à une partie de mon histoire familiale que je n’avais jamais complètement explorée.

Enfant, j’avais une petite sœur gravement malade. J’ai souvent pris soin d’elle, essayant de la « protéger », même si je n’étais qu’une enfant moi-même. En devenant adulte, sans m’en rendre compte, j’avais reproduit ce schéma. J’avais transféré sur mes patients ce rôle de « sauveuse » que j’avais joué pour ma sœur. Le comprendre m’a permis de mettre de la distance et de ne plus me sentir constamment responsable du bien-être total de mes patients.

Cette prise de conscience a été un véritable tournant dans ma vie. Cela m’a permis de redéfinir ma relation à mon travail et de libérer des poids émotionnels que je traînais depuis des années tels que la culpabilité ou la peur de mal faire. En acceptant cette partie de mon passé, j’ai pu enfin retrouver un équilibre entre mon rôle de soignante et ma vie personnelle.

Un nouveau regard sur la relation soignant-soigné.

Aujourd’hui, grâce à ces neuf mois de suivi thérapeutique, je suis une infirmière différente. J’ai appris à mieux gérer la relation soignant-soigné. J’offre toujours des soins de qualité à mes patients, mais je ne m’oublie plus dans ce processus. J’ai compris que je pouvais être présente pour eux, tout en me respectant moi-même et en prenant soin de mes propres besoins.

Je ne suis plus dans le rôle du sauveur à tout prix, et cela a fait toute la différence. Ce travail sur moi m’a permis de continuer à exercer un métier que j’aime, sans m’épuiser.

Conclusion : Un chemin vers l’équilibre.

Ce processus thérapeutique m’a offert bien plus que des outils pour mieux gérer mon quotidien professionnel. Il m’a permis de me reconnecter à moi-même, à mes besoins, et à mes limites. Aujourd’hui, je me sens plus apaisée, plus en phase avec mes valeurs, et surtout, j’ai retrouvé l’équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle.

Si je partage mon témoignage, c’est pour dire à mes collègues soignants que, même dans un métier aussi exigeant que le nôtre, il est possible de trouver des solutions pour ne pas s’épuiser. Il est essentiel de prendre soin de soi, car sans cela, nous ne pouvons pas vraiment prendre soin des autres.